mercredi 25 mars 2020

« Ancien Ode sur les falaises rouges » (前赤壁赋)

La musique « Excursion en bateau sur un lac (泛沧浪) »(https://www.youtube.com/watch?v=7uwMUuN9ShY) me fait penser à un fameux essai « Ancien Ode sur les falaises rouges », écrit par le polymathe chinois Su Shi en 1082, décrivant un voyage que Su Shi a  fait avec ses amis sur le fleuve Yangtze, qui les a conduits devant le prétendu site de la bataille of falaises rouges.


Après que Su Shi ait été arrêté pour sa politique de satire de poésie du tribunal de Song, connu sous le nom de "Crow Terrace Poetry Trial » (乌台诗狱), il a été rétrogradé pour servir d'adjoint du régiment de Huangzhou (黄州).

L'auteur et ses amis ont fait une excursion en bateau sur le fleuve Yangtze. Il a chanté une chanson et l'un de ses amis l'a accompagné d'une xiao (), une flûte traditionnelle chinoise.

La musique était triste, alors l'auteur l’a demandé pourquoi. Son ami a dit que cet endroit lui rappelait Cao Cao (曹操), qui avait été un héros d'une époque, mais qui n'était plus là. Cela lui a fait réaliser l'insignifiance des êtres humains par rapport au fleuve et à l'univers. Su Shi, cependant, a considéré la question sous un aspect relativiste selon laquelle à la fois un individu et la nature peuvent être constamment changeants ou immortels. Il a également souligné que tout a son propre propriétaire, il ne faut donc pas prendre ce qui ne lui appartient pas, à l'exception des trésors éternels du créateur comme la lune ou le vent dont tout le monde peut profiter, …


L'invité fut enfin ravi et s'endormit avec l’auteur.

Référence :




Ba Duan Jin (八段錦, Les huit pièces de brocart)

Ba Duan Jin est une gymnastique traditionnelle chinoise (qi gong, 氣功) visant à rendre l'organisme plus résistant et prolonger la vie.

1. Origine


Ba Duan Jin signifie les huit pièces de brocart qui représente les huit postures.
On ne sait pas par qui ni quand a été créé le Ba Duan Jin, mais des illustrations découvertes dans le tombeau des Han (206 av.J.-C - 220 apr.J.-.C) montrent qu'au moins quatre mouvements ressemblent aux postures du Ba Duan Jin.

Selon la légende, le général Yue Fei (1103-1142) le développa pour améliorer la santé de ses soldats.

2. Technique

Le corps est détendu et l'esprit concentré, avec des étirements doux et continus, pour rechercher une sensation agréable sans contrainte ; le centre et la rectitude y sont recherchés ; légèreté et enracinement y sont requis. 

La pratique idéale se fait en prenant son temps dans un lieu calme et bien aéré, calmement à un rythme respiratoire normal en respirant par le nez. 

Chaque geste se répète 3 fois de chaque côté, pour un effet profond et symétrique. 

3. Les huit postures

Les huit postures se pratiquent à la suite l'une de l'autre soit assis, soit debout, et chaque posture a un nom évocateur et pragmatique qui peut se traduire ainsi (voir cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=V6kNW504Jjs):



  1. Soutenir le ciel avec les mains prend soin du triple réchauffeur (两手托天理三焦)
  2. Imiter l'arc et viser l’aigle (左右开弓似射雕)
  3. Stimuler la rate et l'estomac d'un seul geste (调理脾胃须单举)
  4. Regarder derrière pour prévenir les cinq maladies et les sept blessures. (五劳七伤向后瞧)
  5. Agiter la tête et secouer la queue pour calmer le feu du cœur (摇头摆尾去心火).
  6. Serrer les poings pour augmenter la force physique (攒拳怒目增气力).
  7. Saisir les orteils pour renforcer les reins (两手攀足固肾腰).
  8. Soulever sept fois les talons pour traiter la maladie (背后七颠百病消).

lundi 13 janvier 2020

Journée mondiale de la logique

Le 14 janvier de cette année (2019), l'UNESCO a déclaré cette journée comme «Journée mondiale de la logique». A cette occasion, la directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a prononcé un discours où elle a cité une célèbre phrase du prix Nobel de littérature André Gide: «la peur de trébucher cramponne notre esprit à la rampe de la logique», comparant habilement l'équilibre du mouvement et la logique de la pensée. "..., le public n'a guère conscience de son importance. La proclamation par l’UNESCO, en association avec le Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (CIPSH), d’une Journée mondiale de la logique  permettrait  de  mieux faire  connaître  l’histoire  intellectuelle,  l’importance  conceptuelle  et  les implications pratiques de la logique aux cercles scientifiques interdisciplinaires et au grand public. 

En effet, l'être humain, défini comme un animal «rationnel» ou «logique», n'est pas toujours logique ou rationnel. Le terme «logique» est souvent mal lu ou mal compris. Par exemple, lorsque les gens s'accusent mutuellement d'être «faux» ou «irrationnels», ils ont du mal à dire s'il s'agit d'une erreur logique ou d'un fait ou d'une erreur de relation. Bien sûr, si nous allons plus loin, la logique elle-même a toujours été piégée dans l'enchevêtrement de la forme et du contenu, et ne peut y échapper.

Pour les chinois, la «logique» est une discipline introduite de l'Occident à l'époque moderne. Tout comme pour la «philosophie chinoise», il y a débat sur l’existence de la «logique chinoise». Bien que nous ne puissions pas dire que sans Logique, il n'y a pas de raison, mais ce qui est "Logique" dans la culture chinoise ayant une histoire extrêmement riche est toujours une question difficile à répondre. 

Tout comme les Chinois tentent de construire la grammaire chinoise, de nombreux universitaires s’efforcent d'abstraire et de formaliser les pensées et méthodes académiques traditionnelles chinoises pour construire une logique chinoise conforme à la culture traditionnelle chinoise, mais il ne semble pas possible de le faire.

En fait, il est vraiment impossible de formaliser la culture chinoise ayant l’intrinsicité comme son essence. Car l’«intrinsicité» et la «formalisation» sont de natures culturelles ou linguistiques complètement différentes. Le vrai problème est donc de savoir comment la culture chinoise possède et réalise la raison chinoise et l'esprit rationnel chinois.


(Merci à Fabien Viton pour la correction de cet article)

mardi 31 décembre 2019

Visite de Varennes, le pays natal de Séraphin Couvreur

Par hasard, je suis tombée sur un paragraphe des « Entretiens de Confucius » traduit par Séraphin Couvreur :
- Adonnez-vous à l'étude avec une foi profonde, conservez la bonne voie jusqu'à la mort; n'entrez pas dans un pays troublé; ne demeurez pas dans un état en rébellion. Si le monde suit la Voie, montrez-vous , sinon cachez-vous. Si le pays suit la Voie, ayez honte de n'avoir ni richesses ni honneurs. Mais s'il ne la suit pas, ayez honte d'en avoir.
笃信好学,守死善道。危邦不入,乱邦不居。天下有道则见,无道则隐。邦有道,贫且贱焉,耻也;邦无道,富且贵焉,耻也。

La traduction était si fluide que je pensais que c’était un traducteur contemporain, mais quand je me suis renseignée sur l'Internet, j’ai découvert que c’était un missionnaire jésuite ! Séraphin Couvreur (顾赛芬, nom en Chinois, 18351919) est aussi un des sinologues les plus féconds à l’époque. En plus, sa vie a un lien fort avec Amiens!

Séraphin Couvreur est né à Varennes dans la Somme, à 30 kilomètres d’Amiens. Après avoir suivi la scolarité du séminaire d'Amiens, Séraphin Couvreur a fait ses études de philosophie et de théologie à Vals et Laval. Professeur de grammaire au collège d'Amiens, il demande à être envoyé en mission pour la Chine en 1870. Il est décédé en 1919 à Xianxian en Chine (河北献县).

Séraphin Couvreur a composé plusieurs dictionnaires et traduit un grand nombre d’œuvres classiques chinoises. Quand il traduisait « Entretiens de Confucius », il adoptait une méthode philologique en utilisant en même temps le chinois, le français et le latin, et il marquait la prononciation de chaque caractère chinois. Pas étonnant que sa traduction est si expressive! Pour ses travaux, il recevra trois fois le prix Stanislas Julien. 

Le 27 Decembre, un de derniers jours de 2019, je suis allée à Varennes. Sur la route de campagne, j’imaginais comment Séraphin Couvreur prenait ce petit chemin pour aller à Amiens, puis aller en Chine, . . . Quand je suis arrivé à Varennes, j'ai vu un petit village avec une dizaine de familles où j'ai rencontré un vieil homme sur la route. Je lui ai demandé s'il connaissait Séraphin Couvreur, il a dit que non et m’a conseillé de m’en renseigner au marie. A la mairie, il y avait deux personnes qui étaient en train de faire les travaux. Je leur montrais les informations sur Séraphin Couvreur de Wikipédia, et ils m'ont dit que Varennes est bien là, mais ils n'ont pas entendu parler d'une famille de Couvreurs. Ils m’ont proposé d’aller aux archives départementales de la Somme pour m’en renseigner. Je leur ai demandé s'il y avait quelques choses à visiter au village, ils m’ont dit qu'il y avait une église dont la clé chez quelqu’un qui s’appelait Jean-Marie, et il y avait aussi une cémitière anglaise de la Première Guerre mondiale. 

Je suis allée à cette cémitière, et vu que des rangées de pierres tombales se tenaient sur des herbes bien taillées où les jeunes soldats de vingtaines ans dormaient pour toujours, …

Dans quelque sorte, tout le monde est une poussière de l'histoire, et quand les poussières scintillantes se forment une lumière, elle pourrait nous inspirer : il y a des prédécesseurs, il doit y avoir des successeurs, . . .

Référence : 

samedi 23 novembre 2019

Vers un monde plus ouvert - Conférence-débat BRICET A à Dunkerque

Du point de vue de la géographie et l’histoire, Dunkerque est la ville côtière la plus au nord en France, et aussi le principal port de la France vers l’Asie. Au début de la Seconde Guerre mondiale, les alliés britanniques et français ont effectué l’évacuation de la poche de Dunkerque, lorsque les alliés étaient encerclés par les Allemands. C'était l'opération "dynamo" pour rapatrier le plus d'Anglais possible. Le film en 2017 "Dunkerque" retrace cette évacuation au point de vue anglais.

Pour moi, Dunkerque représente une belle rencontre : vingt ans avant (3/11/1999), avec mon premier étudiant DEA, je suis venue à Dunkerque pour assister à la conférence EA’99 où j’ai présenté mon premier travail sur la résolution pratique par un algorithme génétique pour résoudre un problème NP-hard [1], qui a ouvert la voie à ma recherche sur la théorie de NP (Non-déterministe Problème). Vingt ans plus tard, hier (21/11/2019) je suis revenue à cette ville pour participer à une conférence-débat BRICET A [2] sous la direction du Dr. Evguénia MADELAINE à l’ISCID-CO (Institut du commerce international de Dunkerque).

Le sigle BRICET A réunit les 6 pays émergents : Brésil - Russie - Inde - Chine - Europe de l’Est – Turquie et Afrique du Sud (Six ). Dans le cadre du programme pédagogique, l’ISCID-CO propose des spécialisations par zone et par pays, qui portent sur les pays amenés à devenir des acteurs majeurs de l’économie mondiale. Pour cette 14ème édition de BRICET A, la Chine a été mise à l’honneur pour la quatrième fois, avec la participation de personnes ayant des relations professionnelles avec ce pays, des représentants de la CCI investis dans la coopération franco-chinoise, des commerciaux, des universitaires, des étudiants…

j’ai fait un séminaire intitulé  "Go, AlphaGo et Intelligence Artificielle " où j’ai présenté les aspects de la technique, l’art et le Tao du Go dans la perspective croisée de la science et l’humanité, de la culture occidentale et de la culture chinoise, et interprété que la relation homme-machine n'est pas seulement une relation entre l'homme et le monde objectif, mais aussi une relation entre l'homme et la société, une relation entre l'homme et lui-même, c’est-à-dire, une relation complexe qui enchevêtre différents niveaux d'analyse. Par conséquent, il faut éviter la pensée simpliste pour pouvoir explorer véritablement cette relation complexe.  

Voici le programme  :
  • Madame Nathalie PRUVOST (Chargée de mission diplomatie économique Conseil régional Haut-de France, Direction des relations internationales) : Relations internationales avec la Chine. 
  • Madame Yu LI (Maître de Conférences, Université de Picardie Jules Verne) : Go, AlphaGo et Intelligence Artificielle.
  • Madame Xiao ZHANG (Expert Chine et Conseillère Internationale Agrotech Team France Export Haut- de-France, CCI) : Approche du marché chinois : guide des affaires et secteurs porteurs. 
  • Monsieur Xavier PERRIN (Directeur Commercial – SPL DELTA 3 Web) :  La gestion du projet de la création de la connexion ferroviaire France-Chine. 
  • Monsieur Geert ROELENS et Madame Claudia De GRAEVE (Auteurs du livre (en anglais) sur la Chine « How succesful can you be in China ? A recipe for success » : Dans quelle mesure pouvez-vous réussir en Chine? Une recette pour réussir. 
  • Madame Nadège Le LAN (Maître de Conférences, Ph.D. Université du Littoral Côte d’Opale – ISCID-CO) : Témoignage au retour d’une mission en Chine 2014-2019 
A travers de ces échanges, on peut avoir le sentiment d’avoir compris quelques choses de la Chine, mais ne pas avoir saisi le vrai problème. Cette impression reflète les sentiments complexes des Français vis-à-vis de la Chine, et leurs difficultés à la comprendre.

Peut-être que, comme dans le jeu de Go, le problème est simple et en même temps complexe. Pour ce qui est des Occidentaux, ils devraient prendre conscience qu’il leur faut passer d’un « réductionnisme » simpliste à une pensée complexe et « holistique » afin de comprendre l'histoire et la réalité complexes de la Chine. Pour les Chinois, c'est peut-être une nouvelle chance historique de s’ouvrir au monde et, grâce à ce nouvel esprit d’ouverture de se situer « au milieu du monde », au lieu de s’attacher à la vision archaïque de la Chine « au centre du monde », …

Référence
1Y. Li et Y. Bouchebaba,  A new genetic algorithm for the optimal communication spanning tree problem, Artificial Evolution, 4th European Conference, AE'99, Dunkerque, France, November 3-5, 1999
2https://www.iscid-co.fr/2019/11/06/conference-how-to-do-business-in-china/

lundi 3 septembre 2018

Discussion philosophique sur l'expressibilité - une vue du CMP

Cet été du 13 au 20 août à Beijing, j'ai eu la chance à participer au 24e Congrès mondial de la philosophie (CMP) (http://wcp2018.pku.edu.cn).  Grand merci à ceux qui m'ont soutenu pour pouvoir participer à cet événement!

Il s'agit de la première fois que cet événement, tenu tous les cinq ans, aura lieu en Chine, avec environ 8000 participants de 121 pays et régions. Le premier Congrès mondial de philosophie a été organisé en 1900 à Paris et s'est imposé comme l'un des plus grands événements philosophiques au niveau mondial.

Placé sous le thème "Apprendre à être humain", le 24e CMP comprend des sessions plénières, des symposiums, des conférences, et des tables rondes.

"La Chine a une histoire longue et impressionnante en matière de philosophie et de culture du savoir, et elle a réalisé une contribution durable au patrimoine mondial en la matière", a constaté Dermot Moran, président de la fédération, dans son message d'accueil.

"J'espère ardemment qu'après l'organisation de ce congrès, on constatera un renouveau de l'intérêt international pour la philosophie chinoise, et que les philosophes d'Orient, comme leurs confrères d'Occident, aborderont les problèmes mondiaux avec de nouvelles perspectives et approches", a-t-il ajouté.

Voici un article que j'ai écrit en Anglais pour partager dans un premier temps mes riches expériences vécues de cet événement : Philosophical Discussion on Expressibility - a view of WCP (http://blog.sciencenet.cn/home.php?mod=space&uid=2322490&do=blog&id=1131037)

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Philosophical Discussion on Expressibility - a view of WCP

The 24th World Congress of Philosophy (WCP) ended with 8,000 participants, 1,000 conferences, and 5,000 reports. Around the theme of « Learning to be Human », the congress opened up dialogues from the West to the East, from science to humanity, from tradition to modernity, from individual to group, from spirit to nature. Such cross-cultural and interdisciplinary exchanges are worth being called as:

- The opportunity of thousand years , the entanglement of hundred years, the collision of ten days!

Concerning the communication from cross-cultural and interdisciplinary exchanges to interpersonal ones, the most basic issue is « expressibility ». There are many reports about this topic at congress. Here I present two reports to give a glimpse about this issue : 1 , Expressibility, Dialogue, Translatability: Chinese Whispers and Philosophical Translation; 2, Can an Appeal to Spirituality Bridge Cultural and Religious Gaps?

1, Expressibility, Dialogue, Translatability: Chinese Whispers and Philosophical Translation

This is a report of Symposia session“Expression, Dialogue, Translatability”, and the speaker Michael Beaney is a professor of philosophy at King's College, University of London, UK.

First, Beaney raised up the necessity for clarity of expression : If an idea is worth thinking, then it is worth saying clearly; and if it is said clearly, then it will crystallize thinking in others.

How can one make his ideas clear? He used "crystallization" as a metaphor: our mind is like a liquid in which all sorts of ideas and thoughts float around in an inchoate or semi-choate form, requiring the right seeds to crystallize them into something more choate.  What ‘true wit’does is provide the seed for this crystalizing process, and this represents one way in which ‘clarity’ is achieved.

He said, The medium of our ideas and thoughts is language, so the liquid is a particular language. True wit crystallizes the thoughts of those who speak the same language. So how do we crystallize thinking in people who speak other languages? The answer, of course, is through translation.

He translated the opening sentence of his report by using Google Translate into German, French, Italian, Spanish, Russian, and Chinese, then translated it back to English, from the initial sentence « If an idea is worth thinking, then it is worth saying clearly; and if it is said clearly, then it will crystallize thinking in others »  to the final sentence « If an idea is doubtful, then it is worth mentioning that, when it is clear, you will understand the ideas of others. »  This suggests that a key difficulty is the translation of the metaphorical use of ‘crystallize’, and one might expect that metaphorical uses of terms are particularly hard to translate.

Then he used a game called « Chinese whispers » (In France it is called ‘téléphone arabe’, in Germany ‘stille Post’, and in Italy ‘passaparola’) to show that just how easy it is for messages to get distorted in transmission – or to become lost in translation.

He gave also an example to show the difficulty to translate the opening sentence of « Dao De Jing » (or Laozi):

-道 可 道 非 常 道。名 可 名 非 常 名。

He said, Whatever the best translation, however, what we have in the opening lines of the « Dao De Jing » is a thought that seems to run counter to the thought formulated at the beginning of this paper. We might bring this out by offering the following variation:

A thought that can be crystallized is not a constant thought; a formulation that can be formulated is not a constant formulation.

He said, We began with a thought that is characteristic of analytic philosophy – that there is a way of saying something clearly, which can crystallize thinking in others. But on the Daoist view, any formulation of a thought, and not least a supposedly canonical formulation, is suspect: it will never adequately capture the thought. The problem of expressibility may be common to both analytic philosophy and Daoism, suggesting a prime site for constructive dialogue, then, but the two traditions seem to be too fundamentally opposed for fruitful engagement with one another.

He believed that the key to reconciling the two positions lies in the Confucian principle that is expressed at the opening sentence of The Analects : you have only learnt something if you can teach or practise it. What could be more satisfying than this? (学而时习之,不亦乐乎)

He final concluded : But this is not incompatible with there being a more or less favoured or canonical formulation, which occupies centre-stage in a network of alternative formulations, condensing and crystallizing the thinking involved in offering and considering these formulations, in all their degrees of accuracy and pertinence. Paradoxically, the more alternative formulations you consider, the more a single one might be judged as best capturing it – just as the more translations you consider of a given passage, as I hope we have seen, helps you to converge on the most appropriate translation.

Michael Beaney analyzes the “clarity” and loss of clarity of expression and expression processes (such as translation). He believes that “our thoughts are like liquids, in which all ideas and thoughts are in an early or semi-mature The state is flowing everywhere, which requires the addition of suitable seeds to crystallize, making the idea more mature. 'Real wisdom' is to provide seed for the crystallization process, which is a way to achieve 'clearness'." This is a very new formulation, which concerns the "true wisdom" problem in the requirement of clear "expression" , but what he calls "crystal" and "seed" is just a metaphor, does not have a clear connotation.

2, Can an Appeal to Spirituality Bridge Cultural and Religious Gaps?

This is a report of Plenary session“Spirituality”, and the speaker Hans Julius Schneider is a professor of philosophy at University of Potsdam, Germany.

Schneider interpreted his theme : how can we understand the concept of spirituality in such a way that it helps in bridging gaps between religions and cultures?

He analysed two positions from theoretical view : ethnocentrism and relativism.

He said, Ethnocentrism is the view that it is only my own religion (or, more broadly speaking, my own culture) that tells me what the world is like, what a good human life should be and what expressions like ‘spirituality’ and ‘religion’ mean. Some versions of this view even claim that only my own religion should properly be signified by this term.

In contradistinction, relativism is a position that is aware of the imperialist, the violent side of ethnocentrism, and, more generally, is aware of the dangers of refusing to consider as potentially valuable perspectives that are different from one’s own. Relativism, therefore, can be said to aim at overcoming the negative sides of clinging to one’s early conceptions. It urges to respect other cultures by tentatively stepping back from one’s own convictions, by taking serious the dangers of prejudices, i.e. of the limitations we have without being aware of them.

He further analyzed, But it is worthwhile noting that it (ethnocentrism) might have developed from an idea that has a grain of truth in it. It is this: The first apprehensions of what the world is like and what a good life should be grow from the experiences we have of our closest social environment at a very early age. These experiences are closely connected to our early emotional life and to the first steps of developing an identity.

He said, as the dubious position of ethnocentrism may have grown out of an idea that has a positive side, so the philosophically more respectable position of relativism can develop a negative side. This happens when it is understood as including the claim that it is impossible to seriously discuss the merits and faults of different views of human life as they are articulated in different religions. Then tolerance can easily become indifference.

He said, both the imperialistic version of ethnocentrism and the indifference version of relativism are misguided. In this evaluation I am following an argument developed by Charles Taylor in his discussion about a “language of perspicuous contrast”. He shares the common critique of ethnocentrism, but, as a defender of a ‘hermeneutic’ or ‘understanding’ approach in the field of social studies, he also criticizes relativism because (as he rightly says) this position cannot even adequately state what the topics are that are treated in the articulations of a culture we do not understand.

He further argued that in the philosophy of language of the later Wittgenstein will strengthen Taylor’s position, namely, that also in religious studies an understanding approach is necessary as well as possible.  HIs chosen example is an important change in Wittgenstein’s philosophy of language, namely, a change in his attitude to pictorial ways of speaking.

He said, in his Lecture Wittgenstein claimed that there is something we cannot do with the help of language, namely, to express something higher. If this were so, this fact would strengthen relativism because it puts spiritual contents out of our critical reach.

When we now look at his later work as documented in the Philosophical Investigations we find that Wittgenstein has changed his mind on these points. Now he has something quite different to say about the workings of pictorial language and the limits of what language can do:

The great difficulty here is not to present the matter as if there were something one couldn’t do. As if there really were an object, from which I extract a description, which I am not in a position to show anyone. – And the best that I can propose is that we yield to the temptation to use this picture, but then investigate what the application of the picture looks like. (PI § 374)

So the next step for Wittgenstein is not to look for an object, but to “investigate what the application of the picture looks like”.  And this means, according to the definitions given above: In our human attempts of articulating the spiritual dimension of life quite different pictorial articulations might fulfill similar existential functions.

Hans-Julius Schneider believes that “the imperialistic version of ethnocentrism and the indifference version of relativism”are obstacles to the mutual expression of different cultures or religions, and the "spirit" above different cultures and religions can become the commonality of expression. As language cannot express “something higher” as Wittgenstein said, Wittgenstein later turned to " pictorial   language", but this view has been related to more difficult problems of nonverbal expression.

3, A Preliminary interpretation of the two reports: the levels of Expressibility and the « Big image has no form » of Chinese thought

Both reports involve the researches on some aspects of forms, contents, methods and processes of the “expression », but the different perspectives of the expression always interact with or restrict each other, and it seems impossible to sort out this kind of self-winding in the sense of pure concept, so their researches are actually seeking a transcendence over the forms, contents, methods and processes of the  “Expression”. This requires the transcendence to the problem  itself of  “expression », however, this transcendence perhaps is the very insurmountable difficulty to the western philosophy, though these kinds of researches seem to be heuristic,in fact, it is very difficult to make substantial breakthrough in this field.

We believe, “the problem of expression” should be put in the background of the research on culture, but the instrumental rationality of the west philosophy can never transcend the essence of itself, so, going back to its very self is always an eternal cultural pursuit, the various explorations over the “problem of expression” manifest the historical persistence of this process.  

The 24 WCP provides a grand stage for us to express and performance, various academic discussions also provide an opportunity for us to retrospect our cultural and philosophical ideology.

The traditional Chinese philosophy is consistent with the peculiarity of Chinese culture, what lies behind the principe of “Big image has no form” is the clear hierarchical idea, which is beyond all the reach of western philosophy though it may have traversed all its capability. The traditional Chinese philosophy after systematizing itself clearly and explicitly by absorbing the nutritious achievement of western philosophy can bring the deepest insights into the modern western philosophy over its most obscure problems.

The traditional Chinese philosophy should launch an in-depth modern dialogue conversation with modern western philosophy, this is a long way to go. Perhaps it is of special significance for China to host this WCP . 

Reference:

1,Michael Beaney,Expressibility, Dialogue, Translatability: Chinese Whispers and Philosophical Translation

(表达、对话、可译性 — 传话游戏和哲学翻译,译者:周一帆)

2,Hans-Julius Schneider,Can an Appeal to Spirituality Bridge Cultural and Religious Gaps?(文化与宗教之间的沟壑可以借助灵性来连通吗?)

mardi 20 juin 2017

《六度》 - Six Pāramitā

Dans le bouddhisme, Pāramitā désigne la pratique d'une vertu qui permet d’accéder à l’éveil, ou encore de s’engager sur le chemin des bodhissatvas.

Au sens propre, Pāramitā signifie, en sanskrit (en Chinois 波羅蜜, 度), aller au-delà ou atteindre l'autre rive, et au sens figuré Pāramitā signifie perfection, vertu transcendante.

Le Sūtra du Lotus mentionne six perfections :
布施(Dāna):La générosité, le don
持戒(Śīla):L'éthique
忍辱(kṣānti)La tolérance, la patience
精進(Vīrya):La perseverance
禪定(Dhyāna):La méditation ou la concentration
智慧(Prajñā):La sagesse

1. 布施(Dāna): La générosité ou le don vs l'avarice

La générosité ou le don, vient du constat que tous les êtres aspirent au bonheur et fuient la souffrance. Or, comment être heureux dans le dénuement ? Un minimum est nécessaire. Le don est aussi la pratique la plus aisée car chacun a au moins un peu de générosité.

Il existe trois formes de don : des biens matériels, la bienveillance, le don du Dharma.

2. 持戒(Śīla):L'éthique vs l'immoralité

L’éthique consiste à s’abstenir d’activités nuisibles, à pratiquer le bien et à aider les autres. L'éthique signifie aussi à se maîtriser, se contrôler.

3. 忍辱(kṣānti):La tolérance et la patience vs la colère

La patience permet de développer la résistance aux difficultés de la vie quotidienne, envers ses ennemis, face aux obstacles à la vie spirituelle. Les ennemis sont nos vrais maîtres. Ils nous permettent de comprendre qu’il ne faut pas se laisser aller à la colère car c’est ce qui est le plus raisonnable, pour soi comme pour les autres.

4. 精進(Vīrya):La perseverance vs la paresse

L’effort enthousiaste n’est pas obstination mais attirance vers le bien parce qu’on a fait l’expérience qu’il procure de la joie. Tout devient plus facile, et la paresse, qui fait tout échouer, est vaincue.

5. 禪定(Dhyāna):La méditation ou la concentration vs la distraction

La méditation ou la concentration est utile dès le départ mais une bonne concentration requiert le développement des autres qualités, c’est pourquoi elle n’arrive qu’en avant-dernière position.

6. 智慧(Prajñā):La sagesse vs la vue erronée de la réalité

La sagesse enfin, est la faculté de voir la réalité telle qu’elle est. Ainsi, on peut agir au mieux et éviter illusions et déceptions.

Il est important de transformer le plus petit acte en pratique spirituelle, en application des paramitas.

Référence:
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Paramita
- Les 6 Paramitas par le XIVe Dalaï-Lama Le Bouddhisme Tibétain, https://www.youtube.com/watch?v=w07IumYvp-I
- Les six paramitas, Emission diffusée le 20 Août 2000, Invité Dagpo Rinpochéhttps, http://www.bouddhisme-france.org/archives/voix_bouddhistes/detail_des_emissions/000820.htm

P.S. Mon amie Valérie va quitter son poste au labo, et partir pour réaliser son rêve d'être professeur du sport et kinésithérapeute! Je lui ai offerte ce tableau où il y a un texte en chinois qui résume l'essence du bouddhisme en lui souhaitant bonne chance et bon courage pour son avenir. Ici j'ai écrit ces deux articles (《六度》 - Six Pāramitā, 《南无阿弥陀佛》- Le mantra le plus connu dans le bouddhisme ) pour elle à expliquer ce texte, et les partage avec vous.