jeudi 4 juin 2020

Le nombre « Trois » - l’interpretation culturelle (3)

« Soulever un angle et retourner les trois autres » , en tant que le principe d'enseignement heuristique, a été proposé par Confucius il y a plus 2000 ans.

Le Maître dit : « Je n’enseigne pas celui qui ne s’efforce pas de comprendre ; je n’aide pas à parler celui qui ne s’efforce pas d’exprimer sa pensée. Si je soulève un angle [de la question] et que l’on est incapable de me retourner les trois autres, alors je n’y reviens pas. » - les Entretiens de Confucius (CHAPITRE VII, VII.21)

heuristique : 启发
= 戶 (foyer) + (bouche)
: au sens propre, ouvrir la porte; au sens figuré, enseigner 

= (arc) + (sortir)
發(发): au sens propre, tir à l’arc au sens figuré, exprimer







Référence : 
[1] Lun yu, les Entretiens de Confucius, Traduction du chinois de Séraphin Couvreur, http://wengu.tartarie.com/Lunyu/Couvreur/Lunyu_00.htm

举一反三作为启发式教学原则,孔子是世界上最早提出的人。- 《论语 · 述而》

子曰:不愤不启,不悱不发,举一隅不以三隅反,则不复也。

=  +  
=  +  

《说文解字》:
启:開也。从戶从口。(啟)教也。
發(发):䠶發也。从弓癹聲。

Dialogue sur P vs NP (8)

Yu : Je répond aussi point par point:
- «  Le problème P vs NP consiste à demander si NP = P? en réalité, c’est de demander si NP-complete = P? » Mathématiquement ça revient au même, P est différent de NP si et seulement si P est différent de NP-complet.

Mais en matière de contenu, "NP = P? » désigne à la recherche du problème NP-complet dans NP, et comme NP-complet équivaut à une "boîte noire" dans NP, il est en réalité introuvable.

"NP-complete = P?", par exemple, peut signifier à la recherche de la racine du problème NP-complet et la relation intrinsèque entre NP-complet et P, qui serait une direction de recherche complètement différente, . . .

Par conséquent, mathématiquement ça revient au même, mais en réalité ce n’est pas le cas.

- Pour être un problème NP-complet il faut qu'on puisse transformer en vous, en temps polynomial, un autre problème pris dans NP et n'importe lequel. C'est un attribut spécifique fort qui définit de manière formelle et précise l'ensemble dont on parle.

Formellement, cette définition basée sur la "réduction" définit "de manière formelle et précise" NP-complet; mais étant donné un problème quelconque, il est impossible de déterminer de manière déterministe si ce problème appartient à NP-complet, car il n'existe pas d'algorithmes généraux qui réduisent le problème SAT à ce problème. Par exemple, la réduction du problème SAT au problème de 3-coloration dans votre vidéo n'est qu'une « heuristique ». 

Par conséquent, il faut déterminer si la définition de NP-complet définit de manière formelle et précise l'ensemble dont on parle, . . .

En résume, je questionne :
1. Y a-t-il un problème avec les définitions de NP ?
2. La définition de NP est-elle liée aux difficultés pour comprendre le problème P vs NP ?

Didier :  J'ai aussi le sentiment que les difficultés  de discussions sur le thème P ?=? NP viennent des outils intellectuels du monde occidental.

La première difficulté vient de la construction des mots : sans base idéographique, sans connaissance des clefs de leur construction (apprentissage du grec et du latin), je communique en espérant mais la plupart du temps en croyant que, pour chaque mot,  mon interlocuteur désigne la même chose que moi. 

Ici, les "machines" ont déjà des définitions variables ... avec le summum, l'Oracle ! je vais demander à ma petite fille qui manipule le mot Licorne et qui a l'air assez proche.

La seconde difficulté vient de la modélisation, formidable outil de la réussite industrielle du monde occidental : en sciences expérimentales, l'étude de phénomènes réels conduit à proposer un ou plusieurs modèles théoriques; la manipulation de ces modèles facilite les recherches; enfin, les résultats théoriques doivent être confrontés à la réalité, ce qui permet de valider/écarter certains modèles; et ainsi de suite, s'enrichissent nos connaissances. 

Ce processus de va-et-vient (Tiens, tiens ! le Yin-Yang au cœur de l'Occident ?) est extrêmement productif. Malheureusement, par commodités, par suffisance, par mode peut-être aussi, nous omettons de procéder à la phase indispensable de validation du modèle par confrontation au réel : quelque fois, nous allons jusqu'à confondre le modèle et la réalité. Notre époque aime tout modéliser (jusqu'à nos comportement humains! n'est ce pas,  les GAFAs ?), adore conceptualiser, voue aux nues la science pure que seraient les mathématiques, et se régale dans l'art (si) conceptuel (qu'on y comprend rien au point qu'il remplace la religion). 

Ici, le point de départ est l’ordinateur et les problèmes qu'il peut résoudre par programme en temps raisonnable. Un de ses modèles est la machine de Turing. La manipulation théorique de ce modèle conduit à la version non-déterministe ou encore à la machine avec oracle. A partir de là, il faudrait revenir au monde physique : confronter ces modèles avec le monde informatique aujourd'hui. (A quoi sert de réfléchir à des problèmes soi-disant solvables avec des machines ... inexistantes ?)

La troisième difficulté réside dans notre grammaire et/ou notre logique (y a t'il une différence ?) : notre discours pour expliquer quelque chose ressemble à une démonstration. Il ne laisse pas la place à l'intelligence de l'interlocuteur : bien construit, c'est une suite d'arguments et déductions qui vise la complétude. L'interlocuteur est prisonnier de l'argumentaire alors que, dans l'équivalent chinois, il devient acteur : le discours est incomplet de telle sorte que le destinataire est amené à refaire lui-même une partie des raisonnements/déductions (c'est ce qu'on est sensé faire quand on enseigne). Le danger du discours se trouve dans l'introduction invisible d'un argument faussé ou d'un glissement de sens des mots (surtout si l'on a affaire avec un concept) : l'apparence logique de l'exposé et l’enchaînement ininterrompu argument-déduction ne laissent pas de temps pour une analyse critique de chacune des phrases. Beau discours, mais conclusion ... peut-être incertaine.

Ici, la résolution parallèle du programme non-déterministe, la mesure du temps égale pour 1 action déterministe avec plusieurs actions non-déterministe, l'introduction de l'oracle dont aucune définition n'est fournie, sont autant de distorsions introduites dans le discours.

La quatrième difficulté concerne le langage, ou plutôt ses limites. Le langage s'avère fort pratique, voire même  indispensable, à chaque instant du jour, pour traiter des problèmes communs du monde que je perçois. Mais si je commence à vouloir explorer les limites de ce monde, je suis conduit à parler un méta-langage : Dieu, l'Essence, l'Universel, l'Infini .... et quand on fini par mélanger ce méta-langage avec le langage, on arrive à ne plus rien distinguer de ce monde et de son au-delà. 

Ici, au début, on parle d'ordinateurs et de programmes (quoi de plus terre à terre !) et puis, on utilise le langage mathématique pour décrire le fonctionnement de l'ordinateur et des programmes. Mais quand ça commence à coincer, on introduit l'oracle hors du langage mathématique (et on arrive au Ciel !)

YuNDTM a été proposé pour définir NP formellement par Cook dans son fameux article en 1971. 

J’extraire quelques paragraphes [1] :
- Theorem 1. If a set S of strings is accepted by some nondeterministic Turing machine within polynomial time, then S is P-reducible to {DNF tautologies}.

(Ici, S correspond à NP, {DNF tautologies} est équivalent au SAT problème.)

In order to make this notion precise, we introduce query machines, which are like Turing machines with oracles in [1]. 

A query machine is a multitape Turing machine with a distinguished tape called the query tape, and three distinguished states called the query state, yes state, and no state, respectively. If M is a query machine and T is a set of strings, then a T -computation of M is a computation of M in which initially M is in the initial state and has an input string w on its input tape, and each time M assumes the query state there is a string u on the query tape, and the next state M assumes is the yes state if u T and the no state if u / T . We think of an “oracle”, which knows T , placing M in the yes state or no state.

Référence :
[1] Stephan Cook, The Complexity of Theorem-Proving Procedures, 1971:



mardi 2 juin 2020

Le nombre « Trois » - l’interpretation culturelle (2)

Le Maître dit : « Si je voyageais avec deux compagnons (trois hommes ensemble), tous deux me serviraient de maîtres. J’examinerais ce que le premier a de bon et je l’imiterais ; les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. » [1]

- les Entretiens de Confucius (CHAPITRE VII, VII.21)

= (homme)

= (homme) +  (homme)
(imiter)deux hommes, l’un suit l’autre

= (deux) + (homme)
(compassion)au sens propre, la relation humaine; au sens figuré, la compassion.

= (homme)+ (homme)+ (homme)
众(foule) :au sens propre, trois hommes; au sens figuré, une foule


Référence : 
[1] Lun yu, les Entretiens de Confucius, Traduction du chinois de Séraphin Couvreur, http://wengu.tartarie.com/Lunyu/Couvreur/Lunyu_00.htm


=
一人为人

=+
从:随从

=+
仁:人与人的关系,对人亲善,引申仁慈,仁爱。

=++
众:三人为众

三人行,必有我师焉,三人为众,以众为师。

lundi 1 juin 2020

Le nombre « Trois » - l’interpretation culturelle (1)

Dans la culture chinoise et la culture occidentale, le nombre «trois» a une interprétation très riche. 

Par exemple, la « Trinité » [1], l’un des concepts fondamentaux du chrétianisme; les « Trois Talents » [2], l’un des concepts fondamentaux du YiJing. 

Dans le plus ancien livre d’étymologie chinoise « Shuowen Jiezi » [3], il dit :
Le Trois est le nom du nombre, et il désigne aussi le Tao des trois talents : Ciel-Terre-Homme (天地人)

Au chapitre 42 du livre « Tao Te King » [4], il dit :
Le Tao donne naissance à l’Un
L’Un donne naissance au Deux
Le Deux donne naissance au Trois
Le Trois donne naissance à toutes choses

L’ancien caractère chinois de « Trois » s’écrit “”, et “” est associé au caractère “” (participation). 

Au chapitre 22 du premier livre « L’Invariable Milieu » des « Quatre livre » du confucianisme, il interprète cette “” (participation)  [5]
Seul sous le ciel le sage par excellence est capable de développer et de déployer entièrement ses qualités naturelles. Pouvant développer et déployer entièrement ses qualités naturelles, il peut faire que les autres hommes développent et déploient entièrement leurs qualités naturelles. Ensuite, il peut faire que toutes choses servent à l’homme selon toute l’étendue de leurs qualités naturelles. Pouvant faire que toutes choses servent selon toute l’étendue de leurs qualités naturelles, il peut aider le ciel et la terre à former et à conserver les êtres. Pouvant aider le ciel et la terre à former et à conserver les êtres, il peut être associé au ciel et à la terre.

Référence :
[4] Tao Te King, Lao-tseu, traduction par Stephen Mitchell
[5] L’Invariable Milieu, Traduction du chinois de Séraphin Couvreur, http://ekladata.com/VRRPdODhTE87ubG6ODv9-l2_zZQ/Les-4-Livres-II-Tchoung-Young-L-Invariable-Milieu.pdf

在中西文化中,数字具有丰富的阐释意义。

比如,基督教教义的基本概念之一:三位一体;易经的基本概念之一三才

《说文解字》:三,数名,天地人之道也。

道生一,一生二,二生三,三生万物。万物负阴而抱阳,冲气以为和。 - 老子 42

的繁体字,而又通参与
唯天下至诚,为能尽其性。能尽其性则能尽人之性;能尽人之性,则能尽物之性;能尽物之性,则可以赞天地之化育;可以赞天地之化育,则可以与天地参矣。- 中庸 22

jeudi 28 mai 2020

Dialogue sur P vs NP (7)

Le dialogue avec Passe-Science, l'auteur de la vidéo P vs NP :

Yu
Le problème P vs NP consiste à demander si NP = P? en réalité, c’est de demander si NP-complete = P? Dans ce cas, le problème P vs NP se concentre sur NP-complete.

Puisqu’on trouve qu’il est difficile de reconnaître NP-complete, on a déplacé le focus de NP-complete à NP :
Définition 1: NP est le problème décidable en temps polynomial sur une machine de Turing non-non-déterministe.
Définition 2: NP est un problème vérifiable en temps polynomial sur une machine de Turing.

NP est ainsi défini formellement. Au point de vue de la "forme", NP contient normalement P et NP-complete:

Mais au point de vue du "fond", ce n’est pas le cas. Puisque les attributs de NP comme « vérifiable et décidable » sont également partagés par P, de tels attributs ne pourraient pas être des attributs spécifiques de NP-complete, car NP-complete est quelque chose de nouveau, et ses attributs spécifiques n'ont pas encore été exprimés de manière formelle. En d'autres termes, ils ont disparu de NP. 

Par conséquent, NP-complete devient quelque chose comme une "boîte noire" dans NP, et la recherche de NP-complete dans NP devient une mission impossible. Tout comme si je cherche Toto dans un immeuble, et vous me dites que Toto est le voisin de Titi, mais je ne connais pas du tout Titi, il serait donc impossible de trouver Toto pour moi !

Dans ce sens, on pourrait questionner si la recherche de NP-complete dans NP (NP = P?) est comme si « les aveugles touchent un éléphant », . . .

Passe-Science
Je répond point par point:
"Le problème P vs NP consiste à demander si NP = P? en réalité, c’est de demander si NP-complete = P?"

Mathématiquement ça revient au même, P est différent de NP si et seulement si P est différent de NP-complet.

"car NP-complete est quelque chose de nouveau, et ses attributs spécifiques n'ont pas encore été exprimés de manière formelle"

Si ils le sont (exprimés formellement), les attributs spécifiques d'un problème NP-complet c'est précisément de pouvoir universellement exprimer n’importe quel autre problème pris dans NP. Pour être un problème NP-complet il faut qu'on puisse transformer en vous, en temps polynomial, un autre problème pris dans NP et n'importe lequel. C'est un attribut spécifique fort qui définit de manière formelle et précise l'ensemble dont on parle.

J'ajoute bien sur qu'à ce stade on ne pourra jamais fournir d'attributs qu'on puisse démontrer strictement spécifiques puisqu'on a pas
 résolu la conjecture, et que si la réalité est que P=NP alors P=NP=NP-complet et donc il n'y aura jamais aucun critère pour les départager, dans cet éventualité il n'existerait pas d'attributs spécifiques.

Mais pour le moment l'inverse est vrai aussi, l'attribut spécifique que je vous ai décrit ci dessus, vous ne pouvez pas non plus me démontrer qu'il n'est pas spécifique à NP-complet, si vous pouviez vous auriez résolu la conjecture.



samedi 23 mai 2020

Dialogue sur P vs NP (6)

Le dialogue avec Passe-Science, l'auteur de la vidéo P vs NP :

Yu Li : Je suis d’accord, « Si on a P différent de NP alors on aurait bien disjonction entre P et NP-Complet.  

Le problème est que, les objets sont désignés et reconnus par des concepts, et le concept est formé par la définition dont la connotation consiste des attributs qui représentent l’essence des objets. Par conséquent, un objet désigné par un concept ainsi que sa reconnaissance dépend de la définition du concept.

Puisque les attributs comme « vérifiable » et « décidable » dans Définition 1 et Définition 2 sont partagés par les problèmes P, ils ne peuvent pas capturer l’essence du « vrai NP », autrement dit, « NP » désigné par Définition 1 ou Définition 2 peut-être n’est pas le « vrai NP », alors comment peut-on trouver NP different de P à travers ce « NP »?

C’est pour ça que je questionne sur la definition de « NP », …

Passe-Science : En fait je pense que surtout que la definition ne convient pas à ce que toi tu aimerais qu'elle désigne, mais c'est subjectif.  Rien empêche de définir ce qu'est un chat, et de définir ensuite ce qu'est un animal, meme si on sait qu'être un chat impliquera être un animal. Je ne dirais pas qu'il y a un "problème" dans la definition d'animal, c'est juste une classe plus large. Et il est légitime ensuite de se demander s'il existe d'autres animaux que des chats, ou d'autres NP que des P. 

La definition que tu aimerais être celle de NP me semble être celle de NP-complet, c'est juste qu'a mon avis tu veux faire coller ton "concept" dans la definition NP alors que ton concept semble plutôt être celui de NP-complétude. Mais il sera impossible de définir NP-complet d'une manière qui montrerait clairement qu'on a autre chose que P puisque ca serait répondre à la conjecture pour le moment irrésolue. 

Si on démontre un jour P different de NP, alors a mon avis, la definition que tu cherches c'est juste NP-complet. C'est a dire les "rapidement vérifiables et non trivialement décidables" (dans ce cas la ou P different de NP)

vendredi 22 mai 2020

Des nuages dans chaque papier

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma fille Lise, son prénom chinois est 诗云 (poet, nuage).

Actuellement elle fait un stage au sud dans une entreprise médicale, le but de ce stage est de tester la qualité des papiers d’emballages médicaux.

J’ai adapté un poème de Thich Nhat Hanh où il parle du papier, le poème et le nuage :

1. Version en français 

Des nuages dans chaque papier

Si tu es poète, tu verras clairement que
Il y a un nuage flottant au-dessus cette feuille de papier.
Sans nuage, il n'y aura pas de pluie;
Sans pluie, les arbres ne peuvent pas pousser;
Et sans arbres, nous ne pouvons pas faire de papier.
Le cloud est essentiel pour que le papier existe.
Si le nuage n'est pas là, la feuille de papier ne peut pas être là non plus…

«Interbeing» est un mot qui n'est pas encore dans le dictionnaire, 
mais si nous combinons le préfixe «inter» avec le verbe «être», nous avons un nouveau verbe, inter-être.
Sans nuage, nous ne pouvons pas avoir de papier, 
nous pouvons donc dire que le nuage et la feuille de papier sont interdépendants
«Interbeing» est donc le Yin/Yang, …

2. Version en chinois

每张纸上都有一朵云 

如果你是诗人,你会清楚地看到
这张纸上漂浮着一朵云。
没有云,天就不下雨。
没有雨,树就不生长。
没有树,就不能造纸。
云于纸的存在至关重要。
如果云不在,纸也不能在……
«interbeing»不在词典里,
没有云,就没有纸,
所以可以说云与纸是«interbeing»
是阴阳变易。

3. Version en anglais

Clouds in Each Paper

If you are a poet, you will see clearly that 
There is a cloud floating in this sheet of paper.
Without a cloud, there will be no rain;
Without rain, the trees cannot grow;
And without trees, we cannot make paper.
The cloud is essential for the paper to exist.
If the cloud is not here, the sheet of paper cannot be here either …

« interbeing » is a word that is not in the dictionary yet, 
but if we combine the prefix « inter » with the verb « to be », 
we have a new verb, inter-be. 
Without a cloud, we cannot have paper, 
so we can say that the cloud and the sheet of paper inter-are …
Thich Nhat Hanh